On peut le lire dans la presse ou l’entendre à la radio, ou le voir à la télévision, les inégalités financières touchent une partie croissante de la population française, et bien sûr les ménages les plus modestes.
Quand il est question « de personnes les plus modestes » il s’agit de celles et ceux qui vivent avec un revenu mensuel maximum de 1300 € pour une personne seule et 2000€ pour un couple
Les chiffres fournis par l’INSEE sont accablants :
-Près de deux tiers des ménages appartenant aux 20% les plus pauvres déclarent ne pas avoir les moyens de faire face à une dépense imprévue de 1000€
-Parmi les personnes les plus modestes : 56% déclarent ne pas avoir les moyens de changer des meubles usés.
-25% des ménages les plus modestes indiquent qu’ils n’ont pas les moyens de s’offrir des vêtements neufs.
– Le prix des carburants, de l’énergie, du chauffage, des transports, de la nourriture et des loyers impacte très durement les foyers les plus modestes.
– L’accès aux loisirs et à la culture est quasiment inexistant.
– Bien que le taux de chômage ait baissé, la perte de l’emploi reste une des causes principales de l’appauvrissement, du déclassement et souvent aussi de l’éclatement des familles.
– La fréquentation des commerces solidaires, des banques alimentaires et des restos du cœur est en augmentation d’années en années.( 22% d’augmentation pour les restos du cœur entre 2022 et 2023)
– De plus en plus de familles déclarent ne prendre qu’un seul repas par jour et ne consomment pratiquement pas de fruits et légumes frais. .
La liste pourrait être encore plus longue, mais derrière ces chiffres, il y a des hommes, des femmes, des enfants et des adolescents, des personnes âgées qui se sentent déclassés, humiliés, oubliés, qui survivent plus qu’ils ne vivent. Beaucoup de familles monoparentales et notamment des mamans seules avec leurs enfants sont dans la plus grande des précarités.
Ces enfants qui subissent un véritable harcèlement par, les remarques , les attaques verbales et physiques sur leur tenue vestimentaire, leurs chaussures, leurs fournitures scolaires etc etc…subissent aussi les pressions médiatiques et / ou des réseaux sociaux qui les incitent à la consommation, avec les influenceurs et influenceuses qui poussent à la consommation, à l’achat de vêtements à bas prix etc., ce qui aggrave encore leur situation.
Cette différence avec les « standards » les « normes » imposés créent chez les enfants et surtout les adolescents, un isolement, une perte de l’estime de soi, et un repli sur soi.
Pour d’autres s’installe au contraire un fonctionnement de bande, un repli communautaire de « nous sommes seuls contre tous », avec son cortège de trafics, d’incivilités, de violences, d’attaques verbales ou physiques, de refus des règles et des institutions.
Si l’on peut constater que certaines inégalités se sont réduites d’autres se sont aggravées, et touchent des besoins fondamentaux, se nourrir, se loger, se chauffer, s’habiller et se déplacer.
Tandis que dans notre région le grand luxe, les vêtements, les bagages, les bijoux, les résidences somptueuses, certaines réceptions qui coutent 3 années de SMIC et souvent bien plus, les véhicules hors de prix, les croisières, etc, n’ont jamais été aussi nombreux, les mal-logés, les mal nourris, les mal habillés, les mal chauffés eux aussi n’ont jamais été aussi nombreux. Ces inégalités qui augmentent, le fossé qui se creuse entre les riches et les pauvres sont des facteurs de rupture dans le corps social, d’antagonisme entre les différentes populations et favorisent la dislocation du fonctionnement de la société. Si nous ne prenons pas les mesures nécessaires pour atténuer les effets de ces inégalités, notre société risque à terme de fonctionner en blocs ennemis et d’occasionner des fractures inguérissables dans notre pays. Votre avis sur contact@ad-colomars.eu