En Italie – Un exemple de tri sélectif

Des habitants de Colomars, partis en vacances en Italie, nous ont fait part de ce qu’ils ont pu constater, dans un petit village, en matière de tri sélectif et plus particulièrement pour le traitement des bio déchets.

Depuis fort longtemps en Italie le tri sélectif a été instauré mais il est vrai qu’il concernait essentiellement le verre et les cartons, en tous cas dans ce village. Depuis le Premier Janvier 2024 il en est tout autrement, et ce dans tout le pays, dans les grandes villes, les villes moyennes et  les petits villages.

La commune située en Emilia-Romagna, regroupe plusieurs hameaux aux alentours du « cœur de village », dont une station de ski. La population constante totale est de 703 habitants. A la Mairie, un service spécial a été mis en place « la casa smeralda » (la maison émeraude) »

 Dans le cœur de village et dans chaque hameau ont été installés des containers distincts : verre-plastiques-papiers/ cartons-indifférenciée-déchets organiques-cannettes-emballages. (Pour les déchets organiques (bio déchets) la commune a distribué gratuitement (Photo) des mini containers individuels avec des sacs biodégradables que l’on dépose dans les containers dédiés, et une carte à QR code pour chaque maison. Des composteurs individuels ont également été distribués.

  Dans un de ces hameaux, il y a TROIS habitants permanents et pendant les vacances d’été ou pour Noël et le jour de l’an  la population peut atteindre 25 ou 30 personnes, pour autant tous les containers on été installés…..

Certes ces pratiques sont contraignantes et certains habitants renâclent un peu, mais, avec un certain humour et de façon ludique des petits fascicules ont été distribués qui commencent  par « sur le papier nous sommes parfaits mais voyons de plus près nos pratiques » !!! Tout est expliqué, les papiers « propres » et le papier ayant été en contact avec des aliments, ne vont pas dans le même container, les couches de bébé (humide ? organique ? plastique ?) sont à mettre dans le container indifférencié, les végétaux après la taille, bien sûr la réglementation pour les encombrants…. etc…

Il nous a semblé intéressant d’évoquer cet exemple car à Colomars pour l’instant nous n’avons pas vu grand-chose arriver malgré la directive Européenne applicable au premier janvier 2024. Dès le 16 mars 2024, nous avions publié un article informatif à propos de la gestion de bio déchets. On peut s’interroger sur les raisons pour lesquelles , à ce jour, la Métropole et la Municipalité de Colomars ont été si peu réactives.

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Mini container individuel pour déchets organiques
Containers à l’entrée du village

L’EAU, richesse et malheur du haut pays

Le Mont Gélas 3143 m Point culminant du massif du Mercantour et à sa gauche le Mont St Robert 2917 mètres.

L’association Colomars Alternatives Démocratiques  remercie le professeur Jean-Marc Lardeaux et l’Association Vésubie Valdeblore Avenir pour leur aimable autorisation de diffuser le compte rendu de la conférence du 16 Mars dernier à St Martin Vésubie sur le thème « l’eau ressource et aléa « 

Samedi 16 mars, l’association Vésubie Valdeblore l’avenir* organisait une conférence sur l’eau (ressource et aléa) conduite par Jean-Marc Lardeaux, professeur de géologie à l’université de la Côte d’Azur, chercheur au sein de l’Unité de Recherches « Géoazur », devant un public d’une cinquantaine de personnes attentives à l’avenir de la vallée.

Le dérèglement climatique s’est enclenché à partir du 19ème siècle. La responsabilité du 21e siècle est de tenter de limiter la hausse de la température moyenne du globe à + 2 ° pour les 30 ans à venir.

L’eau

A l’échelle du globe 97 % des eaux de surface sont stockées dans les océans, 2 % dans les glaces et 1 % dans les eaux souterraines qui constituent la principale ressource d’eau potable.

L’eau est donc une ressource rare qui est stockée dans différents types de réservoirs, appelés nappes phréatiques. En surface les nappes alluviales – là où il y a le plus d’eau qui circule – sont fragiles car sujettes à des pollutions. Les types de nappes dépendent des caractéristiques géologiques (nature et structure des roches) de la région considérée. Dans les Alpes Maritimes il n’existe pas de grands aquifères bien individualisés, mais seulement des aquifères superficiels discontinus, parfois segmentés. De plus la topographie régionale juxtapose les Alpes, une chaîne récente avec de forts reliefs, et un océan jeune, la Méditerranée occidentale. Il en résulte de très fortes pentes. Tous ces facteurs font que l’eau est peu stockée en profondeur et à tendance à partir rapidement en mer.

Les Alpes Maritimes n’ont donc pas de grosses ressources en eau mais bénéficient d’une bonne moyenne pluriannuelle de précipitations. La surveillance de la quantité et de la qualité de l’eau est donc un enjeu majeur, et différents organismes ou associations participent à ces missions (Agence de l’eau, BRGM, SMIAGE (voir site internet), Observatoire Départemental de l’eau, Fédération des Alpes-Maritimes pour la pêche et la protection du milieu aquatique…).

Le dérèglement climatique et ses conséquences

S’adapter aux nouvelles conditions climatiques, c’est économiser l’eau par un comportement individuel et des choix collectifs : selon les régions 20 à 40% de l’eau potable est perdue dans les réseaux de distribution

… La France reste encore un pays européen où des villes sont nettoyées à l’eau potable !

En zones de montagnes comme le haut pays des Alpes Maritimes, il faut retrouver les sources anciennes délaissées ; récupérer et stocker une partie des excès d’eau qui s’écoulent directement en mer en période de forte pluviométrie, si possible avec des méthodes de stockages évitant l’évaporation.

La hausse de la température mondiale devrait varier de 1,4 à 5,8 ° à l’horizon 2040. L’eau de mer se dilate, s’y ajoute la fonte des glaces continentales pour arriver à + 7 m de niveau moyen des océans. Pour ce qui concerne notre département, le risque majeur lié à l’eau est la fréquence et l’intensité accrues des évènements extrêmes (vagues de chaleur, fortes précipitations, tempêtes, inondations).

Réponses au changement climatique

  • L’adaptation : En montagne, et en particulier dans le massif de l’Argentera-Mercantour, les masses d’eau (« avalanches d’eau ») peuvent dévaler des parois verticales, souvent affectées par des failles, en emportant une charge sédimentaire de grande ampleur : arbres, blocs de roches, …. Dans le cas de la tempête Alex, cette charge a surcreusé et élargit le lit de plusieurs rivières. Alex s’est comporté comme un glacier en érodant profondément les vallées. Aujourd’hui il ne faut surtout pas combler ces vallées car, dans la topographie actuelle, elles peuvent faciliter l’évacuation des cumuls de pluie et de la charge sédimentaire d’un futur événement de type Alex/Aline.
  • L’anticipation : développer les systèmes d’alertes rapides déjà existants, faire connaître aux populations les « bons gestes » (populariser les documents mis en ligne par le SMIAGE, sensibiliser les enfants dans les écoles, ils sont en effet souvent les meilleurs ambassadeurs auprès de leurs parents).
  • La résilience avec une gestion post crise la plus efficace

Quelques idées simples

  • Ne pas construire en zone inondable, périmètre du lit majeur
  • Garder les vallées creusées et élargies à la condition ABSOLUE de nettoyer les berges pour éviter la mise en mouvement des blocs et débris
  • Renforcer SYMETRIQUEMENT les berges pour éviter les impulsions chocs induites de l’eau et l’effet rebond
  • Réhabiliter les canaux qui ont disparu, les entretenir
  • Faire un état des lieux des affluents des principales rivières et les nettoyer en cas de besoins.
  • Redéfinir, en fonction de l’évolution climatique, les zones de protection et d’aménagement des territoires montagneux, sous la responsabilité des services de l’Etat et en lien avec les régions et les départements. Obtenir de l’Etat des moyens supplémentaires afin de mieux comprendre, et donc prévenir, les risques liés au manque ou à l’excès d’eau. Le plan prévisionnel des risques d’inondation est en cours…
  • Accroitre et améliorer la surveillance des glissements de terrains, dont la fréquence peu s’intensifier. On peut s’attendre à ce que les sociétés d’assurance intègrent dans leurs tarifs le risque.

L’association Vésubie Valdeblore, l’avenir

Créée suite aux 900 signatures de l’Appel au Préfet des A.M., elle a pour objet d’agir pour l’information et la concertation des valléens pour les travaux de reconstruction consécutifs aux tempêtes et aléas climatiques et plus largement pour l’avenir de la vallée

Les responsables rendaient compte de leur audience en préfecture et des actions en cours : demande de rencontre avec le responsable local des équipements de la Métropole et du Smiage et interventions auprès des maires afin que les citoyens soient informés et concertés sur les travaux en cours. Une trentaine d’adhésions ont été enregistrées.

Conférence disponible par mail sur simple demande à vesubievaldeblore.lavenir@orange.fr. Notre association remercie le Professeur Jean-Marc Lardeaux de son autorisation.

(*) Association Vésubie Valdeblore l’Avenir, 204 av Henri Verdeil 06450 St Martin Vésubie Mail : vesubievaldeblore.lavenir@orange.fr

Tri et compostage des biodéchets

Depuis le 1er janvier 2024, les collectivités territoriales sont tenues de mettre en place un tri à la source des biodéchets pour les particuliers, dans le cadre du service public de gestion des déchets. Cela fait suite à la directive cadre européenne sur les déchets et à la loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire (loi AGEC).

Qu’est-ce qu’un biodéchet ?
L’article L.541-1-1 du code de l’environnement définit les biodéchets comme : «les déchets non dangereux biodégradables de jardin ou de parc les déchets alimentaires ou de cuisine provenant des ménages, des bureaux, des restaurants, du commerce de gros, des cantines, des traiteurs ou des magasins de vente au détail, ainsi que les déchets comparables provenant des usines de transformation de denrées alimentaires

La Métropole Nice Côte d’Azur propose des composteurs individuels et collectifs payants. Si cet achat n’est pas possible pour le citoyen ou la copropriété, les collectivités locales sont tenues de mettre en place cette obligation et de proposer à leurs habitants une ou plusieurs solutions (compostage de proximité et/ou collecte séparée).
Habitat collectif : pas d’obligation d’installer des bacs de compostage ; toutefois, cela est possible après accord du conseil syndical ou utiliser un lombricomposteur (environ 80 euros) qui est très efficace.
Habitat individuel : vous pouvez composter vos biodéchets comme beaucoup d’habitants le font déjà sur la commune.
Dans les deux cas, les habitants peuvent obtenir des bio-seaux auprès des services compétents de la Mairie.
En ce qui concerne la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, elle ne va pas diminuer, car ces biodéchets doivent être traités de manière spécifique. En effet, ces biodéchets alimentaires ne peuvent pas être traités par les centres de tri et ne peuvent être mélangés avec d’autres déchets (fort impact environnemental).

Avantages :
– Réduire le stockage et la combustion des déchets (bilan carbone)
– Production de biogaz
– Amélioration de la qualité des sols.

Chaque geste qu’il soit individuel et/ou collectif est important pour préserver notre santé, celle de nos enfants ainsi que celle de nos petits-enfants.
Faites-nous partager vos pratiques car toutes vos expériences ne pourront que nous enrichir sur : contact@ad-colomars.eu

Sources :
«Le guide pour composter» sur le site de la Métropole Nice Côte d’Azur.
Journal Nice Matin du 20 février 2024
Numéro spécial Que choisir mars 2024
Journal «Quatre saisons» mars 2024