Une grande dame s’en est allée

Madame Ann Fuchs est décédée jeudi 24 Avril 2025.
À Nadia, Olivier ses enfants et à son petit-fils Eole, sa famille, ses proches, nous adressons nos très sincères et affectueuses condoléances et les assurons de notre indéfectible amitié.
Membre d’honneur de notre association CAD, Ann a eu une place importante dans la vie de Colomars : Née le 5 août 1932 à Solihull (Angleterre), elle est venue faire ses études en France à La Sorbonne. En 1963 elle épouse Michel lui-même professeur, et la famille vient s’installer à Colomars en 1965. Ann obtient son doctorat d’Etat en 1970. En 1981, elle devient titulaire du poste de Maître Assistant en Littérature comparée, à la Faculté des lettres de Nice. En 1993, elle crée la section Théâtre de la fac dont elle sera Directrice jusqu’à son départ en retraite en1996.

Engagée politiquement au Parti socialiste, elle se présente, et est élue conseillère municipale en 1983 avec Bernard Dubreuil Armand Pastorelli, Edmond Foliot, et Julien Birelli. Elle a été la doyenne de cette équipe d’élus de gauche déterminés, dynamiques avec un programme clair, courageux, voire visionnaire dont la préoccupation essentielle était le progrès, l’ouverture, le bien vivre ensemble. Ann a été à l’origine de la création des cantines scolaires dans les trois écoles de Colomars et d’une classe maternelle à l’école des Serraires.
Il a fallu se battre avec détermination pour faire admettre ces projets à la majorité conservatrice qui préférait que les femmes restent à la maison pour s’occuper des enfants, des maris et de la maison Les élus de gauche ont aussi longuement bataillé pour que la municipalité fasse l’acquisition du Fort Casal, (avec l’appui du député Colonna et du ministre Defferre) ce dont aujourd’hui tout le monde se réjouit. Ann et ses co-élus avaient pressenti tout l’intérêt de disposer d’un tel espace à utiliser et à modeler. Elle a aussi été capable à certains moments de fustiger les “ employeurs” de certaines femmes de ménage ou autres employés de maison qu’ils ne déclaraient pas.

Femme de conviction, d’une immense culture, Ann nous a quitté, gardons dans nos cœurs et dans nos esprits le souvenir de cette personne d’une douceur infinie mais d’une détermination sans faille accueillante et ouverte aux autres et au monde.
Plusieurs d’entre nous n’ont pu être présents, mais se sont unis à nous dans ce moment de tristesse, d’amitié et d fraternité.
Adieu Ann, mille mercis.

Hommage à Bernard DUBREUIL

Nous venons d’apprendre avec une immense tristesse, le décès du Président d’Honneur de notre association Bernard DUBREUIL.

Nous présentons à ses enfants et sa famille nos très sincères condoléances et notre amical soutien.

Bernard Dubreuil, Professeur d’EPS au Lycée Massena, puis à l’UFRSTAPS, homme de conviction et d’une grande culture, a été Premier Adjoint au Maire de Colomars de 1977 à 1983. Le Maire était alors le Colonel Bècque.

Rassembleur, ayant une analyse très fine de la vie politique, il partageait avec    les 4 autres élus des objectifs de progrès, de solidarité et de développement pour Colomars et ses habitants.

 En 1977, la gauche unie a permis l’élection au conseil municipal, de Bernard Dubreuil , Anne Fuchs, et de nos regrettés Edmond Folliot , Armand Pastorelli, et Julien Birelli Adjoint Spécial de la Manda.

 Dans ce conseil composé de 15 conseillers, la présence de 5 conseillers d’opposition  avait un poids important dans leur combat contre une majorité de droite dépendante du bon vouloir du sénateur Joseph Raybaud et de Jacques Médecin qui avaient tous les pouvoirs.

  • Ces élus de gauche, ont réussi à mettre en place les cantines scolaires, ils ont obtenu la création d’une classe maternelle à l’école des Serraires, avec l’appui du député Jean-Hugues Colonna, malgré les grandes réticences de la majorité, et faire l’achat à l’armée du Fort Casal avec l’appui du Ministre Gaston Defferre et du député Jean-Hugues Colonna quand la gauche était au gouvernement.
  • Par certains « arrangements », qu’ils évoquaient en 1982 dans leur bulletin d’information, ils expliquaient comment la majorité municipale a favorisé le détachement d’une grande parcelle du fort pour la « solder » comme parking à l’auberge du Rédier….
  • Ils ont été aussi à l’origine de la remise en route du comité des fêtes (alors inactif depuis 3 ans) qui a repris ses activités notamment en organisant les fêtes locales.

Durant cette période, dans les Alpes-Maritimes , il y a eu des « turbulences » politiques vu le système mis en place depuis des décennies par les « barons » de la politique locale, système contre lequel, la gauche dans son ensemble s’est battue..

  Bernard avec son amitié, sa sagesse, son expérience et son engagement a très fortement inspiré la création de notre association.  Il nous a aidés à réfléchir, à nous positionner et à participer à la vie de la commune en nous impliquant et en nous engageant pour le bien vivre ensemble.

Préoccupé bien avant tout le monde par les problèmes du dérèglement climatique, il nous a donné à réfléchir sur nos comportements et sur des solutions possibles à titre individuel et collectif.

 C’est avec gratitude et un grand respect, que nous le remercions pour tout ce qu’il a fait en son temps, pour le bien public, pour améliorer la vie des Colomarsois et nous luis faisons ici un amical et affectueux adieu.

Tous les membres de l’Association Colomars Alternatives Démocratiques (CAD)

En partant de Saint Sylvestre pour aller à La Sirole

   Comme nous l’avons fait pour le travail des femmes, il nous parait intéressant, de regarder comment nos parents et grands- parents se déplaçaient dans les années 50, entre Nice et Colomars

Jusqu’à la fin des années 40 tous les quartiers périphériques de Nice étaient à vocation agricole, et toutes les collines environnantes contribuaient à alimenter Nice.

Comme à Colomars chaque quartier, chaque hameau avait sa vie spécifique et ses spécialités de production pour nourrir leur propre famille, en revendant de gré à gré ou sur les marchés, les surplus de leur production.

  Cette période de l’immédiat après- guerre, où tout était à reconstruire, a été un moment « charnière » et le départ d’une évolution très importante pour nous conduire à nos conditions de vie actuelle. 

Desserte routière et transport en venant de Nice-nord

Le quartier  Nice Nord était dans les années 50 une zone où se côtoyaient un développement urbain et des zones agricoles. L’urbanisation commencée dans les années 30 était surtout à caractère résidentiel, composé de villas disposées en grands lotissements. Certaines de ces belles villas, pour plupart classées montrent les origines coloniales de leur propriétaire.   Comme industrie il existait une scierie, un fabricant de glace vive pour les glacières, un fabricant de glacières et divers artisans.

 C’est une zone bien irriguée par les vallons de la Fontaine du Temple venant de Gairaut et du Vallon Obscur (actuelle avenue Jean Béhra). Un canal captait une partie de l’eau du Ray pour l’amener sur les terres fertiles de l’actuel Boulevard de Cessole. Cette eau qui coulait en abondance toute l’année permettait l’irrigation de grands prés pour les vaches qui étaient très nombreuses, ainsi que la culture du cresson.

Ce quartier, au début des années 50 était desservi par un tramway dont l’arrêt était juste après le croisement de l’avenue Jean Béhra et l’avenue Cyrille Besset.  Là on trouvait, 2 boulangeries face à face, un cordonnier, un bar tabac, un « Bon lait » un marchand de bois et charbon, un entrepôt de fournitures agricoles.

Pour aller à Colomars la seule route goudronnée passait par le Vallon Obscur et montait par la Clua pour arriver jusqu’à Saint Pancrace. Le fond du vallon était entretenu jusqu’aux gorges où se trouve l’actuelle déchèterie. La route du col de Bast n’existait pas, c’était une piste  seulement empruntées par les charrettes. Le Vallon Obscur était pour les niçois, le lieu des dancings, cabarets, et autres boites de nuits, le dernier tramway de minuit était dédié aux joyeux(ses) fêtard(e)s.

Dès le début de la Clua, se trouvait à droite une grande ferme qui possédait plus de 50 vaches fournissant le lait pour Nice et le fumier pour les cultures.

La desserte en bus arrivait au terminus de St pancrace par l’avenue de Pessicart où se trouvaient deux fameux restaurants Cicion et l’auberge du Père Bensa.

L’arrivée faisait face au Chemin du Génie qui redescendait vers la Madeleine,  Sur la droite, se trouvait le raccourci qui allait vers la Sirole en passant par le Pas de Pommier.

Le fleuve Magnan était traversé par un pont en ciment et le sentier qui rejoignait la route venant de La Réone, se prolongeait en face par un autre sentier pédestre qui arrivait au-dessus du croisement avec le chemin de la crête de Bergiarde. Il économisait près de 3 kilomètres

En tournant à droite après la Clua, une route allait vers l’Eglise St Pancrace où commençait la route de la Sirole non goudronnée. Elle longeait le flanc de la colline pour arriver au fond du vallon, après avoir croisé le canal de la Vésubie alimentant Nice en eau potable. Elle remontait en sinuant le long de la colline, pour éviter des courbes, des ponts en ciment avaient été construits. Ces ponts n’étaient pas très larges et les gros véhicules passaient difficilement. Ils étaient équipés de rambardes en fer forgé comme celles équipant certains cols du département.

Cette route desservait la commune de Colomars par La Sirole à partir du rond-point Marius Tahon. Entre la Sirole et Colomars aucune route n’était goudronnée.

 Il faut noter que les voitures berlines particulières étaient peu nombreuses, c’était le docteur, l’avocat, le notaire qui en possédaient une. Par contre, chaque famille de producteur agricole avait une camionnette datant de l’avant-guerre, souvent en panne, et démarrant, pour la plupart, à la manivelle.

Les déplacements locaux se faisaient essentiellement à pied, parfois à bicyclette. Hommes, femmes et enfants cheminaient sur ces sentiers très bien entretenus, souvent en chantant, soit pour aller travailler les terres disséminées, soit pour aller au marché, soit, le Dimanche pour aller rendre visite à la famille   On a du mal à imaginer aujourd’hui l’importance des distances parcourues, et le temps mis pour les parcourir.

Et pourtant ils l’ont fait !

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Une histoire somme toute banale

Ce texte nous a été proposé par une ancienne habitante de Colomars, qui très émue d’avoir appris par la presse, la tragique disparition d’une de ses anciennes voisines a mis du temps avant de pouvoir raconter cet épisode douloureux.

Il m’a fallu plusieurs mois avant de pouvoir écrire ces quelques lignes tant, c’est avec stupeur et beaucoup de tristesse que j’ai lu dans le journal le décès de ma voisine, à Colomars, où j’ai habité pendant 40 ans.
Au-delà de ma peine et de mon ressenti, cette tragique histoire m’a donné à réfléchir sur combien tout a changé au cours de ces années. Afin de ne blesser personne, ni de ne mettre en cause qui que ce soit, je n’évoquerai pas d’éléments trop personnels qui appartiennent désormais au passé.
J’habitais la dernière maison d’un hameau entouré de restanques, où les oliviers centenaires occupaient les lieux. Des chemins de servitude entretenus, traversaient nos propriétés et parfois les délimitaient, si bien que l’œil en les parcourant, admirait le paysage cultivé, soigné, dont on ne voyait pas les limites, mais seulement ici et là dans la verdure et la pente, les toits rouges des maisons.
Je revois les petites grand-mères, assises sur leurs chaises au bord de la route, qui surveillaient les enfants (ou plutôt leurs fenêtres quand les enfants jouaient au ballon…) ou bien l’emplacement des voitures. Elles papotaient tout en tricotant, faisaient du crochet ou du raccommodage. Certes les commérages allaient bon train, mais une certaine solidarité existait bel et bien. On se demandait si on avait vu untel ou untelle, on s’inquiétait de fenêtres restées closes, ou de volets qui battaient, et de la santé des uns et des autres.
Oh tout n’était pas idyllique ! des conflits, des disputes éclataient parfois mais en général ce n’était pas du chacun pour soi.
Tout cela a disparu petit à petit au cours de deux générations : cantonnier à la retraite non remplacé, vol de poireaux dans un jardin, (ce fut le premier clos) panneau sens interdit, et sans la moindre autorisation, l’obstruction du chemin desservant le vallon où passe le canal de la Vésubie. Les conditions de vie ont changé. On part le matin on rentre le soir, sans prendre garde à ce qui se passe aux alentours, et puis on ne se mêle pas des affaires des autres, un petit bonjour par ci, par là et rien de plus.
En quarante ans comme ce lieu a changé ! Changement d’époque, changement d’habitants, autres mœurs.
De ce temps-là je garde la nostalgie de la beauté des espaces naturels, grignotés à présent par de nouvelles propriétés, et celle du partage et de l’entraide.
Aujourd’hui, chacun a ses propres centres d’intérêt, ses propres préoccupations, ses propres problèmes, ses activités et finalement, au motif de ne pas être curieux, de ne pas déranger, de ne pas être intrusif, on oublie juste la nécessité de l’échange, de la solidarité et de la vigilance discrète entre voisins.
.Ma voisine a été retrouvée plusieurs jours après sa mort. Cette histoire-là, somme toute banale, reste gravée en moi, limpide et terrible à la fois. »

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Années 50, Le travail des femmes

Pour bien se représenter quelle était la nature du travail des femmes dans les années 50, Il faut se replacer dans le contexte de l’après-guerre, où Colomars était fait de petits hameaux regroupant des familles, à vocation agricole. Les cultures étaient pour la plupart composées d’oliviers, de vignes, et de cultures maraichères soit pour les besoins personnels des familles soit pour être vendues. Aucune route n’était goudronnée, et les déplacements locaux se faisaient tous à pied, en charrette, certaines familles possédaient des vieilles camionnettes datant de l’avant-guerre. Comme toute la périphérie de Nice, notre commune contribuait à alimenter les Niçois(es).
La journée des femmes commençait par allumer le feu de la cuisinière et faire chauffer le café et les aliments. La cuisine était la pièce principale avec l’accès à l’eau : un seul robinet sur un évier, les toilettes se faisaient dans cette pièce. Les cuisines étaient équipées essentiellement de cuisinières à bois. Certaines familles possédaient un réchaud à gaz butane qu’elles utilisaient de façon économe.

Cuisinière "rustique" des années 50
Cuisinière des années 50

Les WC appelés «coumun» étaient souvent collectifs pour tout le regroupement d’habitations. Pour la lessive il y avait un lavoir et un «pairòu», ensemble en fonte composé en bas d’un foyer pour faire le feu et chauffer environ 50 litres d’eau pour faire bouillir la lessive.

un «pairòu»

Elles faisaient deux types de lessive, les lessives du petit linge au lavoir à raison d’une fois par semaine pour ne pas trop user le linge, et les grandes lessives mensuelles pour les draps et autres linges devant être bouillis. Le linge était savonné au savon de Marseille et battu sur le rebord du lavoir, rincé et étendu. Leurs mains étaient rouges et crevassées, elles les soignaient comme elles pouvaient en les frottant avec des zestes d’oranges ou de citrons.
Certaines femmes de Colomars s’étaient professionnalisées, elles faisaient la lessive pour les hôtels de Nice, dans des conditions de réalisation et de livraison extrêmement difficiles.
Les familles étaient parfois nombreuses, il fallait préparer les enfants pour aller à l’école, les faire déjeuner et voir s’ils n’avaient rien oublié. S’occuper des enfants était entièrement dévolu aux femmes
Puis c’était le moment de s’occuper du poulailler, des clapiers et autres animaux, plusieurs familles possédaient encore des cochons, des ânes ou des mulets, des vaches.
Les femmes avaient aussi la gestion et l’entretien du potager, plantation, semis, arrosage, désherbage, voire les semis sous châssis pour les plantations de production.
Elles préparaient le panier du casse-croûte du midi pour ceux qui travaillaient les terres les plus éloignées de la maison, et elles avaient la charge d’apporter sur place ces paniers.
Elles avaient une part très active aux travaux agricoles. Au fil des saisons ce sont elles qui effectuaient l’effeuillage et le désherbage des vignes, l’herbe et la nourriture pour les animaux et surtout, la récolte des olives par terre, à genoux. Souvent accompagnées de femmes de l’arrière-pays comme journalières, c’était un travail extrêmement pénible, dans le froid, sans gants (récolte de mi-octobre à décembre) On raconte que pour se donner du courage, elles répandaient par terre des figues sèches, qu’elles mangeaient au fil de leur progression.
Pour le travail des champs les plus anciennes portaient de longues robes souvent foncées. Elles avaient des culottes fendues «braiéta» à des fins de «commodités champêtres». Elles avaient toujours un genre d’écharpe dont elles se servaient pour porter sur la tête des fagots de bois ou des «fai» d’herbe pour les lapins. Elles faisaient parfois plusieurs kilomètres de leur campagne au domicile par des sentiers. Ce mode de portage leur permettait de tenir d’une main, l’équilibre du fagot, et de l’autre un panier ou un bâton pour s’aider à marcher.
Le travail domestique et la préparation des repas étaient rythmés par le cycle des saisons. Elles devaient respecter la règle patriarcale, que quand leur mari arrivait, fatigué des travaux des champs, le repas devait être prêt.
Venait ensuite la vaisselle à la main, les ustensiles de cuisson étaient souvent récurés au sable, ou des cendres avec de la saponaire. Puis la veillée avec raccommodage, tricotage, broderie, crochet…
Il y avait aussi après la messe, les repas du dimanche avec réception des familles, qui étaient l’occasion de manger de la viande, poulet, lapin, daube et raviolis. Elles mettaient toute leur application pour réussir ce moment familial, alors que les maris étaient à la chasse ou au bar.
C’était en fait les premières levées et les dernières couchées.
Les «chefs de famille» et surtout «les doyens» prenaient les grandes décisions : moment des opérations agricoles semis, tailles, labours etc…mais aussi pour les mariages, les ventes et achats de terrain ou autres grands investissements familiaux.
Même si c’était l’homme qui annonçait les décisions, certaines femmes n’étaient pas étrangères à la décision, et, dans le cas où une femme était la doyenne, c’est elle qui imposait les décisions.
Nos pensées vont vers ces femmes, nos mères ou nos grand-mères pour les traces qu’elles ont laissées dans nos familles. Nous leur sommes très reconnaissants pour tout ce qu’elles ont fait, car nous n’avons aucun mal à imaginer ce qu’elles ont enduré.
Merci Mesdames.

Pour les personnes qui souhaitent témoigner de cette époque, et nous dire comment cela se passait dans leurs familles : «contact@-colomars.eu»