Comme nous l’avons fait pour le travail des femmes, il nous parait intéressant, de regarder comment nos parents et grands- parents se déplaçaient dans les années 50, entre Nice et Colomars
Jusqu’à la fin des années 40 tous les quartiers périphériques de Nice étaient à vocation agricole, et toutes les collines environnantes contribuaient à alimenter Nice.
Comme à Colomars chaque quartier, chaque hameau avait sa vie spécifique et ses spécialités de production pour nourrir leur propre famille, en revendant de gré à gré ou sur les marchés, les surplus de leur production.
Cette période de l’immédiat après- guerre, où tout était à reconstruire, a été un moment « charnière » et le départ d’une évolution très importante pour nous conduire à nos conditions de vie actuelle.
Desserte routière et transport en venant de Nice-nord
Le quartier Nice Nord était dans les années 50 une zone où se côtoyaient un développement urbain et des zones agricoles. L’urbanisation commencée dans les années 30 était surtout à caractère résidentiel, composé de villas disposées en grands lotissements. Certaines de ces belles villas, pour plupart classées montrent les origines coloniales de leur propriétaire. Comme industrie il existait une scierie, un fabricant de glace vive pour les glacières, un fabricant de glacières et divers artisans.
C’est une zone bien irriguée par les vallons de la Fontaine du Temple venant de Gairaut et du Vallon Obscur (actuelle avenue Jean Béhra). Un canal captait une partie de l’eau du Ray pour l’amener sur les terres fertiles de l’actuel Boulevard de Cessole. Cette eau qui coulait en abondance toute l’année permettait l’irrigation de grands prés pour les vaches qui étaient très nombreuses, ainsi que la culture du cresson.
Ce quartier, au début des années 50 était desservi par un tramway dont l’arrêt était juste après le croisement de l’avenue Jean Béhra et l’avenue Cyrille Besset. Là on trouvait, 2 boulangeries face à face, un cordonnier, un bar tabac, un « Bon lait » un marchand de bois et charbon, un entrepôt de fournitures agricoles.
Pour aller à Colomars la seule route goudronnée passait par le Vallon Obscur et montait par la Clua pour arriver jusqu’à Saint Pancrace. Le fond du vallon était entretenu jusqu’aux gorges où se trouve l’actuelle déchèterie. La route du col de Bast n’existait pas, c’était une piste seulement empruntées par les charrettes. Le Vallon Obscur était pour les niçois, le lieu des dancings, cabarets, et autres boites de nuits, le dernier tramway de minuit était dédié aux joyeux(ses) fêtard(e)s.
Dès le début de la Clua, se trouvait à droite une grande ferme qui possédait plus de 50 vaches fournissant le lait pour Nice et le fumier pour les cultures.
La desserte en bus arrivait au terminus de St pancrace par l’avenue de Pessicart où se trouvaient deux fameux restaurants Cicion et l’auberge du Père Bensa.
L’arrivée faisait face au Chemin du Génie qui redescendait vers la Madeleine, Sur la droite, se trouvait le raccourci qui allait vers la Sirole en passant par le Pas de Pommier.
Le fleuve Magnan était traversé par un pont en ciment et le sentier qui rejoignait la route venant de La Réone, se prolongeait en face par un autre sentier pédestre qui arrivait au-dessus du croisement avec le chemin de la crête de Bergiarde. Il économisait près de 3 kilomètres
En tournant à droite après la Clua, une route allait vers l’Eglise St Pancrace où commençait la route de la Sirole non goudronnée. Elle longeait le flanc de la colline pour arriver au fond du vallon, après avoir croisé le canal de la Vésubie alimentant Nice en eau potable. Elle remontait en sinuant le long de la colline, pour éviter des courbes, des ponts en ciment avaient été construits. Ces ponts n’étaient pas très larges et les gros véhicules passaient difficilement. Ils étaient équipés de rambardes en fer forgé comme celles équipant certains cols du département.
Cette route desservait la commune de Colomars par La Sirole à partir du rond-point Marius Tahon. Entre la Sirole et Colomars aucune route n’était goudronnée.
Il faut noter que les voitures berlines particulières étaient peu nombreuses, c’était le docteur, l’avocat, le notaire qui en possédaient une. Par contre, chaque famille de producteur agricole avait une camionnette datant de l’avant-guerre, souvent en panne, et démarrant, pour la plupart, à la manivelle.
Les déplacements locaux se faisaient essentiellement à pied, parfois à bicyclette. Hommes, femmes et enfants cheminaient sur ces sentiers très bien entretenus, souvent en chantant, soit pour aller travailler les terres disséminées, soit pour aller au marché, soit, le Dimanche pour aller rendre visite à la famille On a du mal à imaginer aujourd’hui l’importance des distances parcourues, et le temps mis pour les parcourir.
Et pourtant ils l’ont fait !
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