Ces arbres magnifiques, au feuillage scintillant, font partie intégrante de notre environnement. Si l’espèce locale est le «cailletier», il existe d’autres variétés, vers l’Italie la «taggiasca» et en traversant le Var, la «grossane», la «picholine», la «lucques» dont l’origine vient de Lucca en Italie et d’autres variétés locales provençales.
Pour avoir l’appellation AOC «Olives et Huile de Nice» seuls les fruits du cailletier sont retenus.
Dans nos jardins certains de ces arbres sont plusieurs fois centenaires. Depuis les années 70 on observe une renaissance de l’intérêt pour les oliviers ainsi que des plantations importantes de jeunes arbres par des oléiculteurs locaux. Certains, par la remise en état d’oliveraies anciennes, d’autres par des nouveaux propriétaires qui ont voulu valoriser cet arbre soit de façon décorative soit pour produire olives et huile pour leur propre consommation.
Il n’est pas toujours facile de trouver des cailletiers chez un pépiniériste local.
La création d’un plan peut se faire par : bouturage, greffe ou recépage. Ces pratiques sont assez techniques et complexes, elles feront l’objet d’un autre article.
L’olivier est un arbre solide et résistant au vent, par sa souche, qui peut peser des centaines de kilos selon l’âge.
Les arbres anciens n’ont pas besoin de beaucoup d’eau et d’engrais organique ou fumier. Ces apports se font sous le feuillage à bonne distance du tronc pour éviter la souche.
Il est vrai qu’un faible arrosage l’été permet plus de productivité et des fruits plus gros.
La taille d’un cailletier est indispensable, pour sa régénération, son accessibilité et sa présentation. Ne pas laisser le lierre l’envahir par le tronc et les branches.
Le principe est «c’est celui qui récolte qui taille». Il doit pouvoir entrer dans l’arbre avec une échelle, de n’avoir aucune branche qui croise à l’intérieur de façon à pouvoir gauler. Pour les vieux arbres hauts, prévoir 3 points d’appuis pour avoir les mains libres. Pour tailler et ramasser il est préférable de s’attacher. On doit contenir l’arbre en hauteur et en largeur en coupant les pousses trop montantes ou débordantes mais en laissant les «pendouliers»*.
Si l’arbre doit être vide de l’intérieur, il faut éviter de dégarnir le dessus des branches charpentières car en cas de neige elles risquent d’être gelées, certains arbres en ont encore les traces. Si la production se fait sur les pendouliers, les olives les plus belles et nombreuses se trouvent sur les rameaux montants des cimes, du fait du sens de la montée de sève. C’est de l’intérieur qu’on supprime les rameaux de 3 ans et toutes les branches sèches, ce sont celles qui sont en dessous du port de branche.
Pour les branches attaquées par le chancre **(qui n’a pas de conséquence sur la productivité) il est préférable de désinfecter les outils à l’alcool.
Juste après la récolte (en Janvier ou Février), il faut pratiquer la taille de fructification.
Les apports de fumier ou d’engrais doivent se faire en Février ou Mars.
Il vaut mieux attendre un peu pour les tailles sévères de régénération, car malgré le réchauffement, s’il survenait du froid persistant et une chute de neige les arbres seraient affaiblis.
Certains vieux arbres portent encore les traces des gels de 1956 et de 1985/86. D’autres sont troués au cœur et portent des traces de feu car ils ont eu une combustion lente du fait de l’écobuage que faisaient nos anciens pour les nourrir. Le feu partait par les trous des souches.
Les tailles de décoration en arrondi sont plus sévères au niveau de l’aération de l’arbre, certains utilisent le taille-haie en finition.
La taille dite «en nuages» consiste à tailler en arrondis plus ou moins grands les rameaux en bout des branches charpentières. Il est préférable pour les amateurs, de réserver ce type de taille aux oliviers sauvages qui ont des petites feuilles et qui font des olives minuscules.
Les petits oliviers sauvages issus de noyaux sont facilement transformables en pot, par les techniques du bonzaï.
Bons «câlins» à nos amis les oliviers, espérons un peu de froid contre les maladies, du vent durant la floraison et de la pluie fin juin.
On fera le point ensemble en juillet.
Définitions :
*Pendouliers : branches retombantes très souples et très productives.
** Chancre : excroissance boursoufflée de couleur noire.